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Pierre-Olivier Sur interrogé par la Nouvelle RépubliqueDans la cadre d'un dossier complet sur le dernier livre de Mazarine Pingeot et ses liens supposés avec l'Affaire Courjault, Pierre-Olivier Sur a été interrogé par le quotidien "La Nouvelle République".
1. Comment peut-on prouver qu’un auteur s’est inspiré d’un fait divers ?
Il faut simplement effectuer un travail de calque, comparer les faits réels et ce qui est écrit. Ensuite, c’est aux juges de déterminer s’il y a effectivement inspiration ou pas. 2. Quand une affaire, comme celle concernant Véronique et Jean-Louis Courjault, n’est pas jugée, peut-on s’en inspirer ? La littérature s’est toujours servi des faits divers. Stendhal a ainsi écrit « Le Rouge et le noir » après avoir lu dans « La Gazette des Tribunaux » les différents épisodes de l’affaire Antoine Berthet. Mais un auteur ne peut pas s’inspirer directement d’un fait divers qui n’est pas jugé. Il risque, par ses écrits, de peser sur la conviction des juges et sur la présomption d’innocence. 3. Pensez-vous que Mazarine Pingeot puisse, dans son livre, porter atteinte à la présomption d’innocence ? Je n’ai pas lu le livre, mais dans la présentation de l’ouvrage, les éditions Julliard parlent bien d’un infanticide. L’auteur jetterait un doute sur l’innocence de Véronique Courjault s’il était en effet acquis qu’on la reconnaît à travers ce qui lui est reproché par la justice. Il y aurait atteinte à la présomption d’innocence et la famille Courjault pourrait, à ce titre, porter plainte contre Mazarine Pingeot et/ou la maison d’édition. 4. Un auteur a-t-il le droit d’écrire une enquête sur un fait divers ? Oui, à condition que l’ouvrage soit publié après le procès et qu’il ne touche pas à l’intimité des individus. Gilles Perrault, quand il a écrit « Le Pull-Over rouge », avait de bonnes relations avec la famille de Christian Ranucci. S’il n’y a pas eu de décision de justice concernant la famille de la victime, Maria Dolorès, reconnaissant l’atteinte à la mémoire de cette dernière, c’est que l’auteur en a scrupuleusement respecté le souvenir. 5. Vous avez défendu les parents de Liliane Kazkaz (*) , qui prétendaient que Thierry Jonquet s’était fondé sur l’histoire de leur fille dans « Moloch ». Sur quel élément avez-vous construit votre plaidoirie ? Dans cette affaire, il y avait, selon moi, atteinte à la mémoire de Liliane Kazkaz, décédée avant sa comparution devant la cour d’assises et qui, à la sortie du livre, n’avait pas été jugée. Mais le procès entre l’éditeur et les parents de Liliane s’est joué sur une question de procédure concernant le fondement d’une action en justice pour défendre la mémoire des morts, à la suite d’un revirement de la Cour de cassation. 6. Dans son livre « Pays perdu », Pierre Jourde s’est inspiré de la vie de Lussaud, un village du Cantal. Est-il possible d’emprunter ainsi le vécu d’anonymes ? On peut mettre en scène des personnes existantes sans leur demander leur avis. Il faut juste respecter la vie privée. L’auteur ne doit pas entrer dans le fin fond de l’intimité. Or, c’est souvent ce qui s’avère le plus croustillant… 7. Quel est le rôle de la formule « Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé serait fortuite… » ? Cette phrase n’a aucune valeur juridique. Les éditeurs pensent qu’au premier regard, cette formule peut calmer les ardeurs d’éventuelles victimes. Propos recueillis par Caroline Éluard (*) La jeune femme a été accusée, en 1995, d’empoisonner progressivement, à l’insuline, Caroline, sa fille de 9 ans.
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FISCHER, TANDEAU DE MARSAC, SUR & ASSOCIES |
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